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Incendies en Australie: le climat est-il le seul en cause?

pompier devant les incendies australie

Entre septembre 2019 et février 2020, d’énormes incendies en Australie ont dévasté le pays. Une superficie équivalente à l’Autriche est partie en fumée. 1 milliard d’animaux morts selon une étude de l’université de Sydney. Pourquoi un tel désastre? Le changement climatique, l’incapacité des pompiers à faire face, sûrement. Mais les médias n’ont pas relayé une explication pourtant évidente.

Le bilan du désastre

  • Les végétaux: 80.000 km2 de forêts brûlées (plus de 2 fois la Bretagne)
  • les animaux: 1 milliards de tués, cela ne comptant pas les insectes et les amphibiens
  • les hommes s’en sortent mieux tout en restant dramatique: 24 tués, 2000 maisons et des personnes intoxiqués par les fumées

Il faut aussi prendre en compte les immenses émissions de carbone et de particules qui auront un impact sur le réchauffement climatique dans l’avenir proche. Plus tout ce que les forêts absorbaient comme carbone.

Explications des grands médias

Les médias expliquent qu’il y a eu une combinaison de facteurs pour les incendies en Australie:

  • Des températures records: l’année 2019 fut la plus chaude jamais enregistrée, décembre a battu des records de températures…
  • Des faibles précipitations: qui dure depuis début 2017: 35% de pluies en moins sur la zone la plus touchée par les incendies

Bref, cela s’appelle le changement climatique.

Ajouté à cela les traditionnels:

  • Pompiers débordés et en manque de moyens par rapport à l’ampleur de la catastrophe. Pourtant en 2009, le pays avait déjà connu des incendies de cette ampleur.
  • Pyromanes: 24 auraient été arrêtés par la police

Et nous là le cocktail détonant pour une catastrophe écologique de grande ampleur.

Les responsabilités humaines

Mettre les incendies sur le dos du changement climatique, c’est incriminer les hommes de manière collective. Car chacun a sa part de responsabilité dans cette évolution inéluctable. Mais du coup, c’est le coupable dépersonnalisé que l’on désigne avec une sorte de fatalité tant la tâche est globale. “Ah, c’est le changement climatique”, fin de l’histoire car “les hommes font n’importe quoi”.

Mais il y a dans cette tragédie des responsabilités individuelles ou de groupes d’individus.

En effet, il faut s’interroger sur:

  • la cause de la sécheresse en Australie. C’est lié à moins de précipitations mais aussi à l’exploitation du gaz de schiste et à l’agriculture intensive
  • les éléments qui favorisent les incendies et leur propagation: la fracturation du sol et les mines de charbon.

C’es le Dr Joëlle Gergis, une climatologue Australienne qui lance l’alerte.

Les sociétés d’exploitation de pétrole de schiste

Ce sont les 1ers coupables de la sécheresse. Des millions de tonnes d’eau sont utilisées pour extraire les quelques 40.000 puits de gaz de schiste. Les rivières sont asséchées, les plaines inondables drainées: c’est un détournement massif de l’eau.

La fracturation hydraulique émet du méthane, un gaz très inflammable qui favorise la propagation des incendies.

Ces éléments s’ajoutent à la contamination de l’eau et les émissions de méthane qui aggravent le réchauffement climatique…

Les coupables sont ici identifiés: les sociétés d’exploitation et les gens qui y travaillent + les politiques qui ont permis cette exploitation.

L’exploitation du charbon

L’Australie représente 1/3 des exportations mondiales de charbon. Les mines participent aussi à la propagation des incendies car il est inflammable.

Pour rappel, la combustion du charbon émet du méthane et d’énormes quantité de CO2. C’est l’énergie la plus polluante. Son extraction nécessite aussi beaucoup d’eau.

Là encore les mêmes coupables. Les sociétés d’exploitation et le gouvernement qui met dans la balance 55.000 emplois.

L’agriculture intensive

C’est un coupable bien connu car elle nécessite des besoins en eau importants. Les monocultures, le remembrement et la déforestation faite autour des cultures sont autant de facteurs qui nécessitent plus d’irrigation qu’une agriculture paysanne.

Aucune leçon retirée

Il y avait déjà eu de gigantesques incendies 10 ans auparavant. Ceux de 2019/2020 à peine terminé, le 1er ministre Australien balaye les responsabilités de sa politique énergétique et des exploitants de puits/mines. Le ministre de l’énergie a assisté, non sans fierté, à la réouverture d’une mine qui avait été fermée lors des incendies… Pendant ce temps, la biodiversité s’étouffe et la grande barrière de corail se meurt. les incendies ont rejeté 470 millions de tonnes de CO2, l’équivalent de ce que rejettent annuellement 116 des pays les moins émetteurs du monde.

Bruce S.

L'auteur Bruce S.

Thérapeute. Sur le site, je réalise essentiellement un travail d’enquête.